Randonnée, Orléans et les Rois

Les Rois à Orléans.

Le jeudi 12 décembre, la randonnée des rois s’est déroulée sous un ciel automnal.

Elle a commencé au Portereau où, le 19 mars 1584, Henri III, roi à la piété ostentatoire, prend la tête d’une procession de pénitents blancs, portant cagoule, chapelet et fouet. Après le départ du roi, chaque paroisse tient à fonder sa confrérie de pénitents et faire de nombreuses processions.

Plus loin, au pont de l’Europe, le domaine de Maison-Rouge rappela aux randonneurs que Louis XIV vint y passer quelques jours dans la propriété du duc d’Antin, fils de Madame de Montespan. Les noms des rues en témoignent.

Les randonneurs sont passés ensuite par le port de Recouvrance, là où les rois prenaient le bateau pour rejoindre leurs résidences du Val de Loire, assister à la première représentation du Bourgeois gentilhomme à Chambord ou Nantes pour signer l’édit.

Au Châtelet, le 30 septembre 1461, c’est le premier séjour de Louis XI, le dernier roi orléanais de cœur.

Rue de l’Empereur, le samedi 20 décembre 1539, François Ier reçoit Charles-Quint.

La randonnée traversa ensuite le Cloître Saint-Aignan, un très haut lieu de l’histoire de France. Le 5 juin 800, la collégiale a bénéficié des largesses de Charlemagne.

Robert II le Pieux, le plus Orléanais des rois réside dans notre ville. Sa grande œuvre est la reconstruction de l’abbatiale Saint-Aignan dans laquelle il fera transférer les reliques de saint Aignan en 1029. Il en était l’abbé laïc et tous les rois de France le seront après lui.

Le quartier Saint-Aignan est le quartier de Louis XI. En 1466, il réside à Orléans. Il accorde sa protection à la collégiale. Il a une grande dévotion pour le saint évêque qui a sauvé la ville de l’invasion, comme récemment la Pucelle qu’il a rencontrée à Loches, alors qu’il n’était qu’un petit dauphin. Il décide de faire bâtir au chevet de la collégiale une grande maison de brique, appelée traditionnellement la « maison royale », qui occupe encore les lieux. Sur le flanc sud de la basilique, il se promenait sur la terrasse en admirant le fleuve. Cette terrasse existe toujours.

Après le palais épiscopal où Napoléon 1er, en route pour l’Espagne, passa la  nuit du 2 au 3 avril 1808, la randonnée est arrivée place de l’Etape où, en décembre 1560, se sont tenus les Etats généraux présidés par le roi Charles IX.

Dans la cour de l’Hôtel Groslot, tous les rois de France du 16è siècle sont représentés de Louis XII à Henri IV. Dans l’Hôtel, se trouve la chambre où mourut le roi François II, le 5 décembre 1560.

La randonnée s’est terminée à la cathédrale qui servit de cadre au sacre des derniers carolingiens et des premiers capétiens. Le 25 décembre 987, c’est ici qu’Hugues Capet se fait sacrer conjointement avec son fils (Robert II le Pieux) et fonde ainsi la monarchie capétienne héréditaire qui va durer 800 ans. On ignorait encore qui, de Paris ou Orléans, serait la résidence royale.

Henri IV est venu à Orléans une demi-douzaine de fois en douze ans. Le 18 avril 1601, il posa avec la reine Marie de Médicis la première pierre de la réédification de la cathédrale.

Les rosaces comportent le masque de Louis XIV nimbé de rayons, la date de 1679 (date de l’achèvement du transept) et la devise NEC PLURIBUS IMPAR (« à lui seul il en vaut plusieurs »). Ce roi accorda de larges subsides pour la reconstruction de la cathédrale.